Ancien Château de Pont

Présentation

L’ancien château classique de Pont se dressait à l’emplacement de l’édifice actuel. Il fut entièrement détruit en août 1944 lors de l’opération Totalize. Cette page rassemble une synthèse historique et des transcriptions issues de documents d’archives et de cartes postales anciennes.

Recherche initiale : M. Michel Poussard. Transcriptions adaptées et mises en forme pour le web.

Archives & transcriptions

Châteaux : quelques généralités

Un château est, à l’origine, une construction médiévale qui cumule plusieurs fonctions : militaire (contrôle d’un territoire), politique (pouvoir d’un seigneur), judiciaire (lieu de justice), administrative (perception des impôts), religieuse (chapelle castrale) et résidentielle (habitation du seigneur et de sa famille). Le mot vient du latin castellum, diminutif de castrum. À partir du XIᵉ siècle, se multiplient les mottes castrales. Au XVIIᵉ siècle s’impose un modèle « classique » : plan symétrique, avant‑corps, frontons, pilastres et grandes toitures.

Histoire du fief de Pont

Dans la paroisse de Pont existaient deux fiefs : le Fief du Parcard et le Fief de Pont, mouvant de la vicomté de Falaise et ressortissant de la sergenterie de Jumel (Saint‑Sylvain). La chaîne de possession identifiée dans les sources modernes est la suivante :

Propriétaires successifs (XVIᵉ – XVIIIᵉ)

  • Famille Le Héricy : fin XVIᵉ – 1717. En 1586 : Robert Le Héricy ; en 1591 : son fils Jean Le Héricy, seigneur de Pont, Jort et Prais.
  • Famille de Beaurepaire (par mariage, XVIIᵉ s.). Alliances nombreuses avec les seigneuries voisines.
  • Famille Filleul : acquisition du fief en 1717 par Pierre Filleul, conseiller du roi, contrôleur au grenier à sel de Caen, puis correcteur à la Chambre des Comptes.
  • Famille de Montesquiou : par mariage (1726, Anne‑Élisabeth Filleul et Paul de Montesquiou, comte d’Artagnan).

La période de Béville (fin XVIIIᵉ)

En 1777, Joseph Férénzac‑Montesquiou vend Pont à Pierre‑François de Béville, baron du Saint‑Empire, officier du génie. À partir de 1780, la famille fait construire à Pont un nouveau château, jugé plus confortable que l’ancien manoir. Le parc est remodelé ; l’ancien cimetière paroissial est intégré au domaine. Une stèle funéraire latine et une statue en pierre de Saint‑Laurent sont encore visibles.

Vendeuvre et l’ancien manoir

À Vendeuvre, l’ancien manoir seigneurial au bord de la Dives est abandonné au XVIIIᵉ siècle ; les maisons proches sont rasées et le village déplacé au nord. La trame actuelle (constructions perpendiculaires à la D271) en porte la marque.

Mutations au XIXᵉ siècle

Les ventes se succèdent : 1828 : Auguste‑Louis Girardot de Vermenoux ; 1839 : MM. Barbet et Cibiel ; 1850 : M. Bruce What, philologue anglais ; 1875 : Mme May.

Épisodes des années 1922‑1923

En 1922, le château (propriété de M. de Chazal) est victime d’un pillage ; le gardien est pris à partie. En 1923, un nouveau cambriolage a lieu (vols de meubles et d’armes de chasse). Les auteurs sont arrêtés et condamnés. Source : Le Bonhomme Normand.

Destruction en 1944

Le château est entièrement détruit en août 1944 lors d’un bombardement de l’opération Totalize, au cours de l’avance des armées alliées dans la vallée de la Dives.

Reconstruction (à partir de 1947)

La Reconstruction est conduite par le MRU. À Pont, l’architecte Maurice Lesec dirige le chantier à partir de 1947. Le parti retenu reprend l’esprit classique : symétrie, avant‑corps central, grandes baies en travées régulières, toitures à la française. Les pavillons latéraux de l’édifice du XVIIIᵉ siècle ne sont pas reconstruits.

Éléments architecturaux

Façade avec avant‑corps et perron, balcon à garde‑corps en ferronnerie, corniche moulurée, encadrements saillants (refends, chaînages d’angle), toiture à la Mansart percée de lucarnes. À l’intérieur, la distribution est remaniée.

Statue de Saint‑Laurent (vestige en pierre)

Saint Laurent (IIIᵉ siècle), diacre de l’Église de Rome, martyrisé sur un gril selon la tradition, est l’un des saints les plus vénérés. La statue en pierre conservée dans le parc du château de Pont témoigne de l’ancienne paroisse et du culte local. Elle a traversé les destructions du XXᵉ siècle et demeure un marqueur patrimonial.

Cartes postales & vues anciennes